Adam Ali, Pyro-climats : comment le changement climatique redessine le risque incendie, mercredi 29 juillet, 18h

29 juillet 2026
Adam Ali

Depuis une quinzaine d’année, mes travaux de recherche s’articulent essentiellement autour de la caractérisation du fonctionnement à long terme (pluriséculaires) des écosystèmes boréaux. La forêt boréale constitue un des plus grands domaines forestiers de la planète, avec plus d’un milliard hectares de forêt qui ceinture l’hémisphère Nord de l’Océan Atlantique au Pacifique, au niveau du cercle polaire. Elle joue un rôle fondamental dans l’équilibre climatique de la planète en constituant notamment le plus grand réservoir terrestre de carbone, accumulé principalement dans des tourbières plurimillénaires. En corollaire, les incendies de forêt constituent l’une des perturbations majeures qui façonnent les paysages de la forêt boréale. Un des objectifs de mes travaux de recherche est de caractériser la variabilité naturelle des régimes de perturbation par le feu dans le contexte des changements climatiques en cours. Dans cette optique j’ai recours aux outils et approches de la paléoécologie. Je développe cette activité de recherche au sein de l’IRN (International Research Network) Forêts Froides. Notre consortium regroupe des chercheurs canadiens, russes, scandinaves et français. L’IRN est notamment le siège de formations d’étudiants de masters et doctorats en écologie forestière et gestion de la biodiversité, fondées notamment sur de nombreux stages de perfectionnement au sein du consortium.

Résumé

Le changement climatique transforme profondément les conditions favorables aux incendies : vagues de chaleur plus fréquentes, sécheresses prolongées, végétation plus inflammable, saisons à risque plus longues. En Méditerranée, mais aussi dans d’autres régions d’Europe et du monde, le feu devient ainsi un marqueur visible des bouleversements climatiques en cours.

Mais le risque incendie ne dépend pas uniquement du climat. Il résulte aussi de l’histoire des paysages, de l’évolution des forêts, de l’abandon ou de la transformation de certaines pratiques agricoles, de l’urbanisation et de notre manière d’aménager les territoires. Comprendre les incendies suppose donc de croiser plusieurs regards : celui du climatologue, de l’écologue, du géographe, du forestier, mais aussi celui des habitants et des acteurs locaux.

À travers cette conférence grand public, nous explorerons comment la recherche permet de mieux comprendre les feux d’hier, d’aujourd’hui et de demain. Les archives naturelles — comme les charbons conservés dans les sédiments ou les pollens fossiles — nous renseignent sur les incendies passés et sur la manière dont les paysages ont réagi aux variations du climat. Les observations actuelles et les modèles permettent, quant à eux, d’anticiper les trajectoires possibles du risque incendie dans les prochaines décennies.

L’objectif n’est pas de céder au catastrophisme, mais de mieux comprendre les mécanismes à l’œuvre pour mieux s’y préparer. Comment le changement climatique redessine-t-il la géographie du feu ? Quels territoires deviennent plus vulnérables ? Comment adapter nos paysages, nos pratiques et nos politiques de prévention ? Cette conférence proposera des clés de lecture pour penser autrement notre rapport au feu, au climat et aux territoires que nous habitons.

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