Pendant longtemps, les biologistes ont considéré les animaux comme des organismes fonctionnant de manière indépendante. Nous savons aujourd’hui que cette vision est incomplète. Tous les animaux vivent en étroite association avec une grande diversité de micro-organismes : bactéries, champignons, algues, protistes ou virus, qui forment avec leur hôte un ensemble appelé holobionte. Loin d’être de simples passagers, ces partenaires microscopiques participent à de nombreuses fonctions biologiques, de la nutrition au développement, en passant par les défenses immunitaires et la capacité à faire face aux changements de l’environnement.
Cette nouvelle façon de voir le vivant change profondément notre compréhension du fonctionnement des organismes. En étudiant des coraux confrontés au réchauffement climatique, des huîtres touchées par des maladies émergentes ou encore des mollusques impliqués dans la transmission de parasites, nous cherchons à mieux comprendre dans quelle mesure ces communautés microbiennes contribuent à la résistance de leurs hôtes.
Nos travaux montrent que le microbiote joue un rôle important, mais qu’il n’agit pas seul. Son influence dépend de nombreux facteurs, notamment de l’espèce, de son patrimoine génétique, de son système immunitaire et de son environnement. Ils suggèrent également que certains micro-organismes encore peu étudiés, comme les protistes, pourraient jouer un rôle bien plus important qu’on ne le pensait.
Mieux comprendre ces interactions ouvre des perspectives très concrètes. Le microbiote pourrait par exemple servir d’indicateur de la capacité d’un organisme à résister au stress ou permettre de développer des approches inspirées des probiotiques pour prévenir certaines maladies et renforcer la résistance des animaux. Les microbes ne sont donc pas de simples passagers : ils sont des partenaires à part entière, dont la connaissance pourrait nous aider à mieux préserver les écosystèmes marins face aux changements globaux.
