Laurent Formery: Où est passée la tête des étoiles de mer?

4 mars 2026
Laurent Formery

Laurent Formery a obtenu un doctorat à l’Institut de la Mer de Villefranche-sur-Mer (Sorbonne Université, France), au cours duquel il a travaillé sur le développement et l’évolution du système nerveux chez l’oursin Paracentrotus lividus, ainsi que sur le rôle des voies de signalisation intercellulaire dans ce processus. Dans le cadre de sa thèse, Il a passé un an au Shimoda Marine Research Center (Japon). Il a ensuite effectué un postdoctorat à la Hopkins Marine Station (Université Stanford, États-Unis) où il a travaillé sur la régionalisation axiale et l’évolution du système nerveux chez plusieurs espèces d’échinodermes et d’hémichordés. En 2025, il a obtenu une bourse ATIP-Avenir pour monter une équipe de recherche à l’Observatoire Océanologique de Banyuls-sur-Mer, consacré à l’évolution des plans d’organisation chez les échinodermes.

Résumé

Les échinodermes (étoiles de mer, oursins, concombres de mer) sont nos proches cousins parmi les animaux. Pourtant, ils ne pourraient pas nous sembler plus différents : à la différence de leurs cousins, comme nous-même, et de notre ancêtre commun avec qui nous partageons une symétrie bilatérale (avec une tête et un tronc, un côté gauche et un côté droit) ces animaux ont développé, au cours de l’évolution, une caractéristique unique, la symétrie à 5 axes (pentaradiée), qui est évidente lorsque l’on regarde une étoile de mer. Depuis plus de 2 siècles, cette symétrie intrigue les zoologistes : comment est-elle apparue, et surtout, comment peut-on comparer les animaux pentaradiés à leurs cousins bilatéraux ? En utilisant des approches modernes d’imagerie moléculaire et de séquençage, nous essayons de résoudre cet ancien problème zoologique et de comprendre les mécanismes de l’évolution morphologique des animaux. Nos résultats suggèrent, contre toute attente, que les échinodermes sont en fait des animaux céphalisés (« juste une tête »), et qu’il leur manque un équivalent à notre tronc et nos régions postérieures.

Retour en haut