Il y a plus de dix millénaires, au Proche-Orient, l’humanité entre dans une ère nouvelle : le Néolithique. C’est un point de bascule où les groupes humains chasseurs-cueilleurs deviennent agriculteurs, se sédentarisent, et les sociétés commencent à se hiérarchiser, posant les jalons de ce qui est aujourd’hui le monde moderne. Mais si cette transition majeure se diffuse progressivement vers l’Europe, ce processus n’est ni uniforme, ni instantané.
Grâce à la paléogénomique, qui permet le séquençage de l’ADN conservé dans les ossements, on retrace aujourd’hui les trajectoires des premiers agriculteurs venus du Proche-Orient et leur rencontre avec les populations locales d’Europe. Deux grandes routes de diffusion apparaissent : une voie continentale par le Danube, et une autre le long des côtes méditerranéennes.
Les données génétiques révèlent un schéma complexe : peu de mélanges entre populations au départ, mais un métissage croissant au fil des millénaires, variable selon les régions. En France, où le Néolithique montre ses premières manifestations au sixième millénaire avant notre ère, les données disponibles laissent entrevoir une transition marquée par des variations régionales dans les modes d’interaction entre populations locales et groupes d’agriculteurs.
Le Néolithique, au-delà d’une révolution technologique, marque ainsi une recomposition profonde des profils génétiques des Européens préhistoriques — un tournant essentiel pour comprendre nos origines.

