
Carmem-Lara Manes et Renaud Vuillemin
Résumé:
Le BOSS (Banyuls Observation Sea Service) est engagé dans l’observation à long terme de la biogéochimie côtière et offshore afin de comprendre la variabilité naturelle de l’écosystème, les tendances à long terme qui peuvent se produire en fonction de la variabilité climatique, et l’occurrence à court terme de perturbations extrêmes des conditions environnementales. Cette mission qui s’inscrit dans le cadre de programmes nationaux labellisés (Services Nationaux d’Observation), met l’accent sur l’importance du maintien des réseaux d’observation pour comprendre les effets du changement climatique et constitue une activité indispensable de l’Observatoire Océanologique de Banyuls.
En parallèle, le service BOSS est impliqué depuis de nombreuses années dans une activité de développement technologique pour l’environnement marin. L’objectif est la conception et le développement de systèmes complets, déployés in situ, pour constituer de véritables observatoires marins automatisés permettant l’obtention de grandes séries de données à haute fréquence et ainsi l’accès à la variabilité à petite échelle, complémentaire de l’observation classique par échantillonnage.
L’évolution technologique rapide actuelle, conduit au développement de nouveaux instruments de surveillance plus performants. Dans le cadre du projet MICROSENSE, nous avons développé deux instruments autonomes et automatisés, tous deux brevetés, permettant la collecte, le prétraitement et l’analyse de composants biologiques de l’eau et pour lesquels nous avons obtenu le trophée de l’innovation 2025 de Sorbonne Université et de la SATT Lutech. Ces instruments sont à l’origine de la création d’une plateforme automatisée intégrée, l’ePlatform, pour l’analyse in situ et automatisée de descripteurs biologiques à partir d’une matrice d’acides nucléiques environnementaux (ADNe et ARNe), l’ANe. Ces instruments — un échantillonneur automatisé d’ANe et un biocapteur génétique en flux — offrent une analyse complète, allant de l’échantillon d’eau à son analyse génétique. Cette initiative stratégique est pleinement cohérente avec la stratégie de Sorbonne Université et des Services Nationaux d’Observation en matière de recherche, développement et innovation en biologie marine.
Le déploiement des initiatives d’exploitation in situ des acides nucléiques pour étudier la biodiversité à plus haute fréquence, comme celle de l’ePlatform dans les sites d’observation côtiers, ouvre de nouvelles perspectives d’observation et de recherche et apporte une valeur ajoutée significative aux ambitieux programmes d’observation biologique des écosystèmes marins.
CVs

Carmem-Lara Manes est chercheuse au sein du Service d’Observation de l’Observatoire Océanologique de Banyuls (Banyuls Observation Sea Service, BOSS – OOB) de Sorbonne Université. Elle détient un Bachelor en chimie industrielle et un Master of Sciences (MSc) en biochimie de l’Université Fédérale de Rio de Janeiro (Brésil), et un doctorat en biotechnologies de l’Université de Gand (Belgique). Elle a travaillé dans le secteur académique (Université Pierre et Marie Curie, CNRS – France) en tant que chercheuse associée à des projets liés à la division cellulaire eucaryote et depuis 15 ans à la diversité microbienne environnementale. Elle est experte en biologie moléculaire appliqué au domaine de la microbiologie environnementale, plus particulièrement aux outils moléculaires pour l’évaluation des risques microbiens dans les environnements industriels et naturels. Elle a travaillé pendant 10 ans dans le secteur privé en tant que consultante au Water Desalination and Reuse Center à KAUST (Arabie Saoudite, 2011-2013) et en tant que responsable d’équipe à l’Institut de Technologie de Vale pour le Développement Durable (Brésil, 2012-2014). En 2013, elle a co-fondé la société Microbia Environnement où elle a dirigé la R&D jusqu’à juillet 2018. En octobre 2018, elle a créé son entreprise de consulting Manes Research&Consulting (MR&C) spécialisée dans les solutions diagnostiques automatisées pour le monitoring environnemental. Depuis 2019, elle coordonne au sein du BOSS de nombreux projets de recherche instrumentale dans le domaine du développement d’outils analytiques et diagnostiques pour l’environnement. Elle est actuellement responsable du programme de co-maturation MICROSENSE soutenu par la SATT LUTECH et le groupe industriel français CARSO pour le transfert industriel d’un préleveur automatisé d’ADNe et d’un biocapteur en flux associé.

Renaud Vuillemin, BOSS (Banyuls Observation Sea Service) – OOB, est ingénieur de recherche à Sorbonne Université en poste à l’Observatoire Océanologique de Banyuls. Ingénieur chimiste de formation, il est spécialisé dans le développement de systèmes instrumentaux analytiques pour les milieux aquatiques. Il est responsable du Service d’Observation BOSS et du Service de la Flotte à l’OOB, et dans ce cadre dirige une équipe pluridisciplinaire de 15 personnes. Il est également co-responsable de la plateforme technologique d’acquisition haute fréquence en mer REMIMED. Spécialisé depuis plus de 25 ans dans le développement technologique de capteurs et systèmes instrumentaux pour des applications marines et continentales in situ, il a exercé ses fonctions au sein de différents instituts français (CNRS/LEGOS, IFREMER, SU/OOB). Il a notamment initié et géré tout au long de sa carrière le développement de vecteurs océanographiques, d’analyseurs chimiques in situ, de divers capteurs et biocapteurs in situ et de dispositifs d’échantillonnage. Il a assuré le rôle de coordinateur ou de responsable de tâches dans de nombreux projets de recherche nationaux et européens au cours des 20 dernières années. Il est membre de plusieurs comités nationaux d’évaluation et scientifiques (dont la CSIIT du CNRS : Commission Spécialisée Instrumentation Innovante Transverse), expert évaluateur de projets technologiques français en océanographie et consultant pour des sociétés nationales et internationales de développement de technologies marines. Il travaille depuis de nombreuses années avec Carmem-Lara Manes sur le développement de nouveaux biocapteurs pour la détermination d’agents pathogènes dans l’eau de mer et d’un préleveur d’ADN environnemental automatisé qui est en cours de transfert industriel.
